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 Mission 1 [Solo] Fils du Destin
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Nathanaël
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MessageSujet: Mission 1 [Solo] Fils du Destin   Dim 25 Déc - 21:57
Une douce fragrance de pêche emplissait le néant au milieu duquel il se noyait. Dans ce vide, seule cette odeur existait. Insistait. Persistait. Elle le harcelait presque, lui inspirant une terrible envie d'éternuer, ou de se boucher le nez pour essayer de la masquer. Il se recouvrit donc l'avant du visage par réflexe ; n'importe qui venant de l'extérieur eut cru qu'il essayait de se frotter les yeux, mais il était davantage en quête d'un moyen d'arrêter ce qui était devenu un horrible miasme. Après quelques secondes de grognements agacés, il ouvrit les yeux et examina les alentours, redressant les oreilles naturellement.

Il était étendu au bord d'une belle et longue plage qui s'étendait sur de longs mètres ; peut-être une bonne trentaine, s'arrêtant à l'entrée d'une caverne maritime plongée dans l'obscurité. Les ondes de l'eau lui caressaient le côté droit du corps, accompagnées d'un doux bruit d'écume. Le parfum écœurant de la pêche s'était à présent tout à fait effacé, bien qu'il fut, il y a un instant, celui qui l'avait réveillé. Il resta là pendant de longues secondes, se demandant où il était, ce qu'il faisait là ; puis il s'aperçut qu'il n'avait tout simplement aucun souvenir. Il essaya bien de creuser sa mémoire à la recherche d'un de ses fragments ; mais plus il essayait, plus l'échec était criant. Il finit par s'énerver contre lui-même, et son indéniable incompétence en la matière.

Il se trouva alors les yeux posés sur l'océan ; c'était pratiquement le crépuscule ; le soleil perçait doucement à travers les nuages, baignant son corps dans des rayons agréables qui lui procuraient un bien-être profond. Il ronronna quelques secondes, satisfait de cette situation simple et paisible. Il aurait pu rester ainsi longtemps s'il ne s'était pas étonné de son propre ronronnement. Il cligna quelques instants, baissant les yeux pour observer ses pattes avant : elles étaient noires, avec deux bandes rouges sur chacune. Il n'arrivait pas à se dire que c'était lui ; il mit cela sur le compte de l'amnésie ; mais non, c'était définitivement trop étrange. Titubant, ayant un mal fou à se tenir debout, il fit quelques pas dans l'eau, examinant la surface claire pour y distinguer son reflet déchiré par les vagues.

De grands yeux jaunes en demi-lune, une tête s'apparentant à celle d'un chat, des poils rouges et noirs, de petites mais allongées oreilles... Plus il listait la liste des caractéristiques qu'il voyait, et moins il parvenait à assimiler que c'était lui. Cette figure ne lui était pas inconnue, il le sentait, comme un écho lointain de son subconscient : mais ce n'était définitivement pas lui, il en était intimement persuadé. Son amnésie s'accompagnait-elle d'un changement d'apparence ? Ou bien était-ce son absence de souvenirs qui était si importante qu'il n'arrivait pas à se souvenir d'à quoi il ressemblait ? Il hésita quelques instants, puis son opinion s'arrêta sur un point : auparavant, il était humain.

… Humain ?
Mais alors... Pourquoi ne l'était-il plus ? Et pourquoi n'avait-il plus aucun souvenir ?
~~~~~~~ 22 jours plus tard ~~~~~~~
Étage 1 de la Prairie Luxuriante

La Prairie Luxuriante était un endroit charmant pour quiconque n’était pas au courant qu’il s’agissait d’un Donjon Mystère. Il était aisé de se perdre dans l’immensité de ces grands plateaux où les couleurs et les Pokémon hostiles fleurissaient. La lune s’élevant lentement dans le ciel noir ajoutait une atmosphère mystérieuse à cette plaine nue. Pour Nathanaël, il ne s’agissait cependant là que d’une étendue de brins d’herbe qui allait jusqu’à l’horizon, ne présentant strictement aucun intérêt à ses yeux. Il regarda Sylvain, son « client » pour cette mission, et accompagnateur : le Feunard de Glace semblait apparemment anxieux à l’idée de s’aventurer avec lui dans un endroit aussi inquiétant. Néanmoins, ils n’avaient pas le choix ; récupérer les Tapisseries au plus vite était une priorité.

Pour Sylvain, tout du moins. Dans l'affaire, Nathanaël estimait avoir déjà été payé :
« Je suis bien content qu’ils aient pas tardé à me donner le matériel d’explorateur ! J’ai cru qu’ils feraient la fine gueule mais ça va, on est arrivés ici avant le milieu de la nuit. Bon, c’est quoi le plan ?
- As-tu déjà exploré un Donjon Mystère ?
- J’en ai entendu parler de nom, et Daniel m’a dit que c’était supra-dangereux, mais non. »

Le Feunard de Glace plissa les yeux mais décida d’apporter une explication au Flamiaou : « C’est un lieu aux mécanismes mystérieux, dont les mouvements et les modifications sont imprévisibles. Il est le domaine de nombreux Pokémon sauvages et hostiles, qui refusent que l’on pénètre leurs terres. N’importe qui peut les visiter, mais ce sont les Explorateurs qui sont les plus habilités à exécuter les missions qui sont envoyées par ceux qui y sont piégés… Ou qui nécessitent de l’aide pour un objectif en son sein, tels que moi.
- Wah. C’est super bizarre, quand même, ce truc… Ça change sans arrêt, quoi ? Comment on s’oriente là-dedans, au pif ?
- La meilleure stratégie est d’aller toujours tout droit et de trouver les passages menant à un niveau supérieur ou inférieur. Plus on s’éloigne de l’entrée et plus on se rapproche de la fin du Donjon. C’est là que se trouvent les lieux qui étaient là avant qu’un Donjon Mystère n’apparaisse ; demeures, autels, trésors.
- Okay, là tu m’as complètement perdu.
- Je prendrai le temps de t’expliquer en détail, si tu le désires. Nous devons y aller dès maintenant… Qui sait ce que ces deux pillardes feront aux Tapisseries si nous tardons trop. »

Ils s’élancèrent à l’intérieur des plaines, distançant rapidement leur point de départ. Nathanaël, en avant, menait d’une patte assurée le duo, conformément aux consignes qu’il avait reçues de la part de Pijako, le bras droit du Maître de la Guilde Grodoudou. Cette exploration, bien qu’organisée à la dernière minute, était tout ce qu’il y avait de plus officiel : Sylvain avait déposé une demande de mission, que le Flamiaou avait pris en charge dès qu’il avait obtenu son matériel. Son « client » avait été plutôt hâtif et avait joué des coudes pour accélérer la procédure, et personne n’avait posé davantage de questions. Sans plus attendre, ils s’étaient alors dirigés vers les lieux où s’étaient apparemment enfuies les deux demoiselles qu’ils poursuivaient. Le Feunard demanda soudain : « Connaissais-tu ces demoiselles auparavant ?
- Un peu. Elles avaient voulu jouer avec moi, mais j’ai refusé car j’avais pas envie. Elles avaient pas l’air d’être le genre à voler.
- Et pourtant… soupira l’érudit. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment elles sont entrées. Je suis persuadé que la chambre était fermée à clef, et les fenêtres soigneusement scellées.
- Tu sais toujours pas comment elles ont réussi leur coup ? Ca craint un peu, quand même, que deux gamines stupides comme ça aient réussi à percer ta sécurité.
- Merci bien de me le rappeler. Je dois néanmoins m’avouer honteux… Je n’ai pu les empêcher de me dérober les Tapisseries, alors que je suis leur gardien depuis plus de trois ans. Je me suis encrassé les rouages, me voilà presque inapte à utiliser mes pouvoirs… L’isolement ne m’a apporté que des malheurs. »

HRP:
 



Nathanaël est insolent en Metal Écarlate [#9C1414]
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Sylvain est distingué en Turquoise Disco [#79a2ea]
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MessageSujet: Re: Mission 1 [Solo] Fils du Destin   Dim 25 Déc - 22:38
~~~~~~~ Retour au début ~~~~~~~

Il secoua la tête, essayant de se reprendre. Même s'il tentait de se répéter qu'il se trompait probablement et qu'il n'avait aucun moyen d'affirmer ce qu'il s'avançait, puisqu'il était amnésique, cette impression martelait son esprit constamment. Il soupira doucement, puis se résigna : il avait dû être humain, avant de se réveiller ici. C'était bien trop fort pour ne pas être vrai. Comme s'il n'avait attendu que cet instant, son désir de retrouver son corps initial s'embrasa : pourquoi avait-il atterri sur cette plage ? Qui l'avait mené ici ? Qui lui avait fait ça ? Était-il seul responsable, ou un intervenant s'était-il enfui en le laissant seul derrière ? Si seulement j'avais un moyen de retrouver la mémoire ! pensa-t-il, agacé.

Alors qu'il faisait demi-tour, se pattes s'emmêlèrent et il s'écrasa dans une vague. Miaulant de surprise puis feulant de rage, il s'extirpa des flots et tenta de reprendre sa marche décidée vers le sable sec. Si rester debout ne posait pas de problème particulier, même avec ses membres encore un peu flageolants, se déplacer était une toute autre histoire.
 Il ne tarda pas à replonger dans un nouveau gémissement. Après quelques minutes de combat contre l'océan, il réussit enfin à sortir de l'eau ; chutant à nouveau, il resta immobile, sur le ventre et le sable humide, la tête posée sur les pattes. S'il ne réussissait pas à se déplacer, il était inutile de penser à la suite. Il allait devoir apprendre à marcher avant toute chose.

C'est à ce moment qu'il réalisa la présence de sa queue. Jusqu'à ce moment, il l'avait laissée traîner mollement, ignorant tout à fait que, tel un cinquième membre, il pouvait la bouger avec aisance. Prenant rapidement ses marques avec, il s'en servit pour s'appuyer dans le sable et se redresser. Avec une grande détermination, il lutta pour avancer : chaque pas qu'il faisait sans tomber était une véritable victoire pour lui. Il chancela ainsi jusqu'à atteindre la couche rocheuse, contre laquelle il ne put que s'effondrer, épuisé. Il haleta là pendant quelques secondes, fixant le soleil qui disparaissait de plus en plus à l'horizon, et laissant glisser son regard jusqu'à la falaise qui encadrait la plage, à une hauteur considérable. D'ici, on aurait cru un grand requin qui sautait pour dévorer le soleil.

Sa vision fut alors obscurcie par une ombre gigantesque qui s'était élevée comme un mur devant lui. Tétanisé, il leva les yeux, détaillant le monstre ainsi apparu, qui faisait dix fois sa taille : un grand alligator bipède, au corps étrangement coloré. Ses écailles étaient d’un bleu léger, son poitrail d’un jaune terni, sa crête d’un rouge criard. Et pour dénoter avec de telles teintes, sa taille était serrée par une large ceinture à poches. La créature terrifiante demeura plantée devant lui, sans esquisser le moindre geste alors qu'elle avait surgi de nulle part. L'amnésique n'osa dire quoi que ce soit, de crainte de le conduire à attaquer ; il ne se sentait pas capable de se défendre d'un quelconque façon, et encore moins de s'enfuir. Se penchant alors doucement, l'écaillé demanda, d'une voix étonnamment paisible et grave :
« Est-ce que tout va bien ? »

Toujours paralysé, le chat ne pipa mot. Il sentait, au fond de lui, que ce n'était pas normal ; que ce monstre n'aurait pas dû parler. Il miaula alors d'inquiétude, oreilles et queue basses, davantage par réflexe que par volonté. L'alligator pencha la tête, avant de reprendre de la même intonation : « Je t'ai vu échoué sur la plage, je suis descendu du haut de la falaise aussi vite que j'ai pu. » Puis, percevant la claire inquiétude du naufragé, il ajouta : « Ne t'inquiète pas, je ne te ferai aucun mal, je ne suis pas un Pokémon hostile. »

… Pokémon ? Ce simple mot embrasa une colère enfouie en lui. C'était irréfléchi, brutal et sanguin ; mais il savait désormais qu'il haïssait du plus profond de son être ces créatures. Ce monstre en est un ? déduisit le chat. Ce n'est pas étonnant qu'il ne m'inspire pas confiance... Je vais devoir me méfier. Il est peut-être responsable de mon état actuel. Cette réflexion ne fit qu'alimenter davantage sa rage orientée vers l'alligator bleu. Ce dernier avait croisé les bras, le fixant durement en attendant une réponse. Néanmoins, le chat ne lui accorda pas le plaisir de le faire, considérant que le silence était la plus hautaine des répliques qu'il pouvait adresser à ce déchet.

« Est-ce que tu m'entends ? » insista finalement le monstre. Le chat eut une hésitation, mais se décida à répondre, froid et tranchant :

« Bien sûr. Tu as cru que j'étais sourd ? Je voulais juste pas répondre. » Son langage, familier et compressant lettres et mots, accompagné d'une voix plus aiguë que celle à laquelle il s'attendait, surprit autant son interlocuteur que lui-même. Ce dernier, beaucoup plus sévère, reprit :

« Je prends note de ne pas venir aider les naufragés qui pourraient en avoir besoin. Ça m'évitera des remarques désagréables comme celles-ci.
- J'ai pas besoin de ton aide, okay ? Je sais parfaitement me débrouiller tout seul, j'ai pas eu besoin de toi pour arriver jusqu'ici, j'aurai pas besoin de toi pour aller plus loin. »

Désormais aussi agacé que le chat, l'alligator devint nettement plus menaçant. Il se pencha doucement, et posa un regard condescendant sur l’amnésique, qui, nullement intimidé, le lui rendit sans sourciller. Il n'oserait rien lui faire, il le savait ! Il avait l'odeur de celui qui fuyait le conflit au lieu de l'affronter droit dans les yeux. Mais lui... C'était le genre qui le provoquait pour obtenir ce qu'il désirait. Il le sentait, c'était sa nature-même. Et il devait admettre que c'était à la fois fascinant et amusant. Pas étonnant que cela se soit gravé dans sa personnalité, vu la réaction de ce monstre !

« C'est bon, t'as fini d'me fixer en chien d'faïence ? Fous-moi la paix, j'dois trouver un moyen de rentrer chez moi et j'ai autre chose à foutre que me taper la causette.
- Où est-ce que c'est, chez toi ?
- Je t'en pose, des questions ? Dégage. Sinon...
- Sinon quoi ? »

Il y eut un silence et le chat plissa les yeux. Il était parfaitement incapable de formuler une menace : il ne pouvait pas se le permettre sans bluffer, et il se sentait mauvais menteur. Si seulement je savais me servir de ce corps, ce serait quand même bien plus pratique... grogna-t-il intérieurement. L'alligator, amusé par le caractère insolent et provocateur du naufragé, le regardait comme il l’aurait fait d’une petite frappe. D’une petite frappe qui aurait pour mauvaise habitude de trop parler, alors qu’elle n'avait ni charisme ni répartie. D'un ton ironiquement paternel, l'alligator déclara :

« Qu'est-ce que tu essayes de me cacher ? Viens, raconte à Papa Daniel ce que tu as fait.
- Je cache rien, j'ai juste mes propres soucis à régler. Et me parle pas comme ça, je suis pas le gosse d'une pourriture Pokémon comme toi. »

C'était le coup de trop pour l'alligator ; il l'empoigna par la peau du cou, le soulevant devant lui, ce qui le fit répondre par un crachat de colère. Il soutint ensuite son regard pendant de longues secondes, remuant les pattes dans le vide pour essayer de se défaire de l'emprise exercée sur lui. Il ressemblait à un chaton attrapé par sa mère, qui ne souhaitait que s'enfuir pour repartir faire des bêtises. Cette image revenant à l'esprit de Daniel suffit à le persuader qu'il faisait face à un Pokémon plus que louche. Plissant les yeux, la voix devenue menaçante à son tour, il grinça :

« Je crois que tu n'as pas trop compris, alors je vais essayer de te l'expliquer, petit insolent. Je travaille pour la Brigade, et mon travail c'est de repérer tous les types louches comme toi qui traînent aux alentours de Bourg-Trésor. Tu ferais mieux de... »

Il s'interrompit, un recevant un coup de griffes sur les naseaux. Sans lâcher le chat, il fit un pas en arrière, pris par surprise. Il m'a attaqué ? s'étonna Daniel avant de froncer les sourcils. Bien que d’ordinaire propriétaire d’un sang-froid à toute épreuve, ce gosse lui faisait perdre contenance à toute vitesse. Il avait déjà envie de le jeter dans l'océan pour lui faire prendre une bonne douche froide. L'idée paraissait alléchante, mais Magnézone n'apprécierait pas particulièrement, aussi insupportable soit ce gamin. Haineux au possible, le chat cracha :

« J'en ai rien à battre, j'ai rien à m'reprocher ! Lâche-moi, maintenant, j'ai pas envie d'passer la nuit à un mètre du sol parce que monsieur veut s'taper un monologue pour essayer d'me réprimander alors que j'ai aucune leçon à recevoir d'une saleté comme toi !
- D'accord. »

Cette réponse contenta le chat, qui cessa de se débattre. Il se détendit et attendit que le monstre le repose par terre, afin qu'il puisse s'en aller ; mais il n'en fit rien. Au lieu de ça, il reprit, un léger rictus sur la gueule :

« Puisque c'est comme ça, je vais t'amener directement à la Guilde. Ils sauront quoi faire de toi. Ils ont d'excellents interrogateurs.
- Vas-y, j'ai pas peur de qui que ce soit. Mais vous perdez votre temps. Je me souviens de rien.
- N'essaye pas de me faire avaler des Abo, toi. Le coup de l'amnésie, ça ne fonctionne plus depuis longtemps.
- Et si j'dis que j'suis un ancien humain, ça fonctionne mieux ? »

~~~~~~~ 22 jours plus tard ~~~~~~~
Étage 2 de la Prairie Luxuriante

Et le voilà parti dans un monologue ! pensa Nathanaël, roulant des yeux tandis qu’il n’écoutait plus que d’une seule oreille. Il examinait le donjon qui l’entourait, avec curiosité. Cela ne semblait pas être bien différent de l’extérieur, mais l’aura étrange de ce lieu le mettait mal à l’aise. Il ne reconnaissait pas cette sensation ; c’était quelque chose de nouveau et de dérangeant. Un instinct qu’il avait obtenu en même temps que sa transformation en Pokémon, déduisit-il. Son compagnon de route continuait de parler de ses doutes et de ses frayeurs quant au vol qui l’avait « terriblement affligé », au grand désespoir de Nathanaël qui commençait à avoir du mal à le supporter lui aussi. Comme s’il avait entendu ses pensées, Sylvain déclara : « Navré de t’ennuyer avec mes élucubrations inutiles. Usuellement, je me confie à ma domestique, n’ayant point d’ami avec qui converser de mes soucis.
- Si tu pouvais juste arrêter cinq secondes… T’as beau être mon employeur, ça veut pas dire que je dois supporter tout ça. »

La surprise de recevoir une telle réponse fit perdre l’équilibre au Feunard, à tel point qu’il trébucha sur une pierre et s’effondra littéralement sur l’arrière-train du Flamiaou devant lui. Ce dernier poussa un miaulement de fureur qui courut dans les plaines et s’y éteignit. Toujours planté sur le croupion du chat, Sylvain semblait dans les vapes, maintenant : son regard se perdait dans le vague. L’amnésique le poussa sur le côté pour se libérer et grogna, agacé : « Non mais c’est quoi ce bordel ? Je marche sur quatre pattes depuis moins longtemps que toi mais au moins je me casse la gueule avec plus de classe !
- Un… Yan…
- Un qu- »

Une onde de choc balaya Sylvain avant qu’il ne puisse répondre, et Nathanaël leva le regard pour apercevoir ce qui s’apparentait à un grande libellule rouge, qui battait des ailes et bougeait dans tous les sens. Le Flamiaou tenta de secouer son compagnon quelques secondes : il tremblait légèrement, et son regard fixait le vide. Aucune réaction : en tournant les yeux, l’explorateur aperçut l’insecte qui fonçait droit sur lui comme s’il allait l’assaillir. Grognant, il sortit les griffes et asséna un coup qui fit reculer le monstre, qui fut lacéré au niveau de l’abdomen. En guise de revanche, celui-ci s’élança à toute vitesse sur l’amnésique pour le griffer à son tour au niveau du poitrail.

Combat !:
 

L’un comme l’autre reculèrent en pestant. Qu’avait donc cette créature contre eux ? s’interrogea Nathanaël, sans comprendre, la peur tissant doucement sa toile sur son esprit. Il profita de l’instant pour passer un coup de langue sur son égratignure, par réflexe. Elle était imbibée d’une sorte de liquide poisseux et étrange ; il l’avait remarqué plusieurs fois auparavant, mais l’avoir dans la bouche lui fit revenir son détail comme un mauvais souvenir. Comme il la cracha pour l’enlever de sa gueule, écœuré, la substance forma une petite flamme. Il écarquilla les yeux puis se rappela de ce qu’il avait vu à plusieurs reprises. Chaque Pokémon semblait capable d’utiliser des pouvoirs surnaturels et assez spectaculaires. Les siens devaient sans doute être liés au feu ! Dégoûté mais curieux, il passa un nouveau coup de langue sur sa patte et frotta sa langue contre son palais : automatiquement, une grande chaleur se forma.

Nath envisagea la situation. À sa gauche, Sylvain essayait de se redresser mais retombait sur le sol, comme sonné. À sa droite, la libellule géante revenait à la charge en vrombissant dans un concert assourdissant. Je dois faire quelque chose. Résolu à prendre les choses en patte, il se décida à tenter le coup : il se mit à courir vers la créature hostile qui filait vers lui en vrombissant, prit ses appuis, et bondit droit sur elle. Suspendu dans les airs, les yeux fous de l’insecte devant lui, un profond sentiment de peur gagna le Flamiaou, qui douta de sa réussite. Et s’il échouait ? Et si cela ne suffisait pas ? Il serait peut-être tué. Et Sylvain ensuite. Il ne devait pas échouer, il n’en avait pas le droit. Il devait prouver de quoi il était capable, à lui-même, au Feunard qui lui avait confiance, à Daniel qui doutait de lui.

Il planta ses griffes dans le corps de la créature et relâcha la chaleur, qui se transforma en une brûlure au contact de l’abdomen de son adversaire. Prenant peur de sa propre flamme, Nathanaël lâcha l’insecte et retomba sur ses pattes de justesse, pour voir le monstre ailé remuer dans tous les sens, comme un dispositif cassé dont on perdait le contrôle. Sans faire attention à la créature qui allait pour s’écraser au sol à côté de lui, il se précipita vers Sylvain pour vérifier son état. J’espère que ce n’est rien de trop grave ou de trop permanent. L’idée de devoir traîner un Feunard apathique jusqu’au village n’avait rien de plaisant.


Combat !:
 

« Lorsque… Je te parlais de Pokémon hostiles… Je faisais référence à ceux-là, murmura le Feunard. Ce Yanma m’a sonné avec des ultrasons… Navré que tu aies dû te défendre sans soutien…
- Je… C’est allé, c’est bon, je me suis débrouillé... »

Le Flamiaou lança un regard à la libellule évanouie, sans oser s’en approcher. Au moins, elle respirait encore. Et dire que Daniel refusait que je me batte ! pensa-t-il. Je suis capable de me défendre, c’est une bonne nouvelle. Il remarqua que Sylvain s’était remis droit. Le noble secoua la tête et s'approcha, non sans garder un œil inquiet sur la bestiole ailée, comme s’il craignait qu’elle ne se relève. Une brise glacée soufflait désormais sur la plaine, portant un mauvais présage qui ne rassura pas du tout Nathanaël. Il murmura, d’une voix qui trahissait les craintes qu’il tentait d’étouffer :

« On devrait faire demi-tour et aller chercher des gens plus expérimentés. Je préfère encore passer ma vie à bosser dans la brigade plutôt que de clamser ici.
- Nous devons continuer, Nathanaël. Nous avons perdu suffisamment de temps, et les prairies sont bien trop grandes pour donner le droit de s’éloigner davantage à ces vauriennes.
- Si on les atteint même pas, ça sert à rien qu’on continue. T’as vu l’état dans lequel on est, déjà ? Pff, si seulement Daniel m’avait appris à me battre... »

Sur ces mots, il passa un nouveau coup de langue sur sa lacération, puis frissonna. C’était vraiment une sensation désagréable, et de l’extérieur ça devait être extrêmement ridicule. Sylvain, de son côté, avait regardé les dégâts causés par l’onde de choc reçue sur son flanc. Outre sa fourrure dramatiquement ébouriffée, elle semblait avoir bleui. Il semblait avoir un peu plus mal à chaque fois qu’il marchait, et Nathanaël se sentit un peu mal à l’aise en le voyant grimacer. Cachant son mal-être derrière un masque d’indifférence, il déclara après un temps : « Bah, si t’avais pas trébuché, on en serait pas là.
- Ton cri est l’élément qui l’a attiré, et non pas ma maladresse…
- Ah, parce que t’as été sonné après avoir trébuché ? Donc j’avais raison, tu sais pas te tenir sur tes pattes… »

Sans ajouter quoi que ce soit, Nathanaël se remit en route, ayant remarqué un relief un peu plus loin. Bien qu’il essayait désespérément de le cerner, Sylvain n’arrivait toujours pas à comprendre les réactions de cet insolent Flamiaou. Un moment, il était craintif et inquiet quant à son avenir ; l’autre, il était moqueur, indifférent, et téméraire. Il était instable et imprévisible, ce qui pouvait être autant un avantage qu’un problème. Le Feunard y trouvait un certain charme. Il avait l’impression qu’il ne s’ennuierait jamais, avec un caractère comme celui-ci. Et puis, il fallait admettre que son oscillation entre un caractère enfantin et confiant était plutôt rafraîchissant.

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MessageSujet: Re: Mission 1 [Solo] Fils du Destin   Dim 25 Déc - 22:58
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L'alligator parut surpris, et le chat crut avoir touché juste. Se permettant un sourire fier pour accompagner cette réussite, son adversaire ne s'avoua cependant pas vaincu et secoua le museau de gauche à droite en signe de négation. De nouveau, l'amnésique plissa les yeux, profondément dépité par la bêtise dont faisait preuve le Pokémon. Bah ! S'ils sont tous aussi stupides pour refuser de voir la vérité, je comprends mieux d'où vient ma haine... pensa-t-il. Ceux qui savent pas réfléchir comme ce débile sont insupportables. Comme s'il l'avait entendu, son interlocuteur se passa la patte libre sur le haut de la gueule, comme s'il réfléchissait, avant de grogner :

« Je me demande ce qui est le pire. Ce que tu me racontes, ou que tu sembles parfaitement sincère...
- Mais j'suis honnête, qu'est-c'que tu veux ! J'viens de m'réveiller sous la forme d'un chat y a genre quinze minutes max, au bord de l'eau. J'ai aucun souvenir avant ça. Pas même mon prénom ou quoi qu'ce soit. Je sais juste qu'je suis humain.
- Un Flamiaou, plus précisément, si je ne me trompe pas. C'est plutôt rare dans cette région, ils vivent plutôt sur les îles.
- Rien à foutre, tout ce qui compte c'est que j'en suis un. Merci pour l'info quand même. »

Daniel soupira longuement, se demandant sincèrement pourquoi il s'acharnait à essayer d'aider un Pokémon qui n'avait manifestement aucune notion de respect quelconque. C'était presque s'il s'étranglait en le remerciant ! Un sale gosse comme on en faisait difficilement de nos jours. Depuis que les Donjons Mystères se multipliaient, les enfants avaient tendance à se faire calmes, prudents et respectueux des autorités. Néanmoins, il y avait quelques irréductibles rebelles, qui finissaient par tourner en hors-la-loi s'ils n'étaient pas contrôlés... Que son histoire d'amnésie ou d'humain soit vraie ou pas, je ne peux pas le laisser dans la nature sans surveillance ; il finirait par être recruté dans un groupe malhonnête, si ce n'est pas déjà le cas, pensa l'alligator. Il faut que quelqu'un garde un œil sur lui et redresse sa conduite.

« Tu viens avec moi.
- Eh, mais-
- Ne dis pas un mot ! Le coupa agressivement le brigadier. Je vais t'amener à la Guilde, ils sauront quoi faire de toi une fois là-bas. Et si tu râles, je te balance à la mer.
- Je préférerais encore me noyer plutôt que te suivre dans ton repaire de Pokémon ! »

L'alligator s'étonna, le Flamiaou étant apparemment obstiné par son idée de se différencier des Pokémon alors qu'il en était lui-même un. Commençant à croire à la théorie de l'humain et de l'amnésie, il ne décida pas d'avoir une confiance aveugle en un insolent comme lui et demanda, amusé :

« Rassure-moi, sais-tu au moins que Flamiaou est aussi compté comme un Pokémon ?
- Attends, quoi ? »

Le reste du trajet se fit au milieu de ses hurlements de désespoir, car il passa son temps à crier à quel point il détestait ce corps, Daniel, le monde entier, et son besoin de retrouver son corps humain dans les plus brefs délais avant de devenir « un déchet comme ces saletés de Pokémon », comme s'il avait l'intime conviction de faire ainsi craquer l'alligator pour qu'il le lâche enfin, à bout de nerfs.

« Tu ne te tais donc jamais ?! » s'exclama Daniel, excédé par l'attitude du Flamiaou qui persistait à se débattre et à hurler comme un hystérique. Cela faisait bientôt une bonne dizaine de minutes qu'ils cheminaient vers la Guilde, et ils étaient d'ailleurs bientôt arrivés ; mais sa voix ne perdait pas en force. L'alligator avait beau prier pour qu'il se la casse, Arceus ne répondit pas à ses demandes. C'était toujours avec la même puissance qu'il clamait qu'on l'avait kidnappé et qu'il avait besoin de secours. Heureusement que les gens du coin savaient que Daniel n'était pas de ce genre, et qu'il se contentait de traiter avec un mal-élevé récalcitrant : ils ne croisèrent donc personne. Quand ils furent arrivés devant l'entrée de la Guilde, le chat se tut d'un coup, avant de demander : « C'est ça ? Ça m'a l'air riquiqui.
- C'est plus grand à l'intérieur. Nous allons... »

Daniel s'arrêta d'un coup, fixant un panneau placardé devant une grille sur le sol. Il cligna des yeux et lut attentivement les symboles qui s'y trouvaient écrits ; le Flamiaou essaya à son tour de les déchiffrer, mais s'en trouva parfaitement incapable. Ça ne veut absolument rien dire, conclut-il. Cependant, après quelques secondes d'attente, l'alligator poussa un cri de rage et se frappa le front à plusieurs reprises, désespéré. Il s'exclama, oubliant tout à fait la présence du chat, qui était donc remué dans le vide dans tous les sens au même rythme que ses mouvements de bras : « Fermés ! Fermés cette nuit ! Ça ne pouvait pas mieux tomber !
- AAAAAAH MAIS LÂCHE-MOIIIIII !
- Avec Magnézone en mission, je vais devoir me le coltiner jusqu'à demain matin !
- MAIS BORDEL MAIS LÂCHE-MOOOIII JE VAIS VOMIIIIIR ! »

Daniel cessa de se secouer dans tous les sens, ce qui soulagea le chat de son mal d'estomac ; mais sa tête lui tournait et il l'avait l'impression qu'il faisait face à deux alligators bleus, maintenant... Il grogna de douleur et commença à murmurer des tas de noms d'oiseaux pour qualifier Daniel, ce à quoi le brigadier ne faisait déjà plus attention. Il avait commencé à se frotter le visage de sa patte libre, plongé dans une profonde réflexion. Quand ses sensations furent revenues à la normale, le Flamiaou recommença à se débattre ; mais cette fois-ci, la surprise suffit à le libérer de l'emprise, et il s'effondra sur le sol. Sans plus attendre, il prit la fuite.

Il allait siffler une réplique bien sentie à l’encontre du brigadier stupéfait, mais n’en eut pas l’occasion : tout à sa liberté de mouvement retrouvée, il trébucha, se  raclant le ventre sur plusieurs mètres et se cognant contre un arbre. Daniel le rejoignit bien vite et l'attrapa de nouveau par le col, murmurant : « Bien essayé. » Dépité d'avoir raté sa tentative d'évasion à cause de ce maudit corps, le chat laissa un nouveau torrent d'insultes déferler contre lui-même et les Pokémon en général, ce à quoi l'alligator répondit par une indifférence complète, avant de se remettre en route dans le sens inverse, ayant visiblement changé de plan.

« Je dois m'avouer curieux, déclara alors Daniel après un temps où le chat avait enfin décidé de se taire. Pourquoi détestes-tu tant les Pokémon alors que tu prétends être amnésique ?
- J'sais pas, c'est un instinct. J'suis persuadé que vous m'avez fait une saloperie et que c'est resté tellement gravé que j'peux pas vous saquer. Et vu que je peux faire confiance qu'à moi-même, bah j'y crois.
- Tu veux dire que tu ne te souviens même pas de la raison qui te pousse à nous insulter ainsi ?
- Nan. Mais du peu que j'vois avec toi, ça m'en donne sans arrêt. »

Un véritable gamin sans recul, soupira Daniel intérieurement. Et pourtant, plus il en voyait, et plus il sentait que l'histoire de l'amnésique n'était pas du pipeau. Il avait été incapable de courir et s'était écroulé alors que les Flamiaou sont usuellement agiles, malins, et les meilleurs lorsqu'il s'agit de fuir après avoir chapardé quelque chose. À côté de cela, il ne semblait pas être du genre à mentir ; un peu stupide et avec une logique enfantine et immature, mais foncièrement pas méchant pour autant.

Le domicile de Daniel était une grande baraque en pierre blanche, rectangulaire et peu travaillée ; les seules fenêtres étaient d'étroites et hautes ouvertures, et la porte elle-même était relativement minuscule, si bien que l'Anigateur eut à se tordre en quatre pour réussir à rentrer. Le Flamiaou, déterminé à embêter le brigadier jusqu'au bout, s'accrocha à la paroi désespérément, miaulant de douleur à chaque fois qu'on le tirait pour l'en décrocher. Finalement, il lâcha la pression retenue et l'alligator manqua de perdre l'équilibre, mais l'un comme l'autre se rattrapèrent de justesse. Le monstre ferma la porte d'un coup de queue et positionna les serrures : le chat, désormais piégé, grogna : « Génial, tu vas me faire quoi, maintenant ? Me tuer puis me bouffer, je suppose ?
- Si j'avais désiré t'abattre, je l'aurais fait il y a bien longtemps. Cela m'aurait évité de perdre mes tympans...
- T'as pas d'oreilles, comment tu peux en perdre ?
- Sache, jeune impudent, que les Aligatueur ont autant de tympans que n'importe quelle autre espèce. Nos organes auditifs ne sont simplement pas apparents. »

Déjà désintéressé par les explications lassantes du Pokémon, le Flamiaou examina la pièce avec attention. L'intérieur était plutôt bien décoré ; il s'avoua intérieurement surpris de la finesse de l'aménagement pour une créature qu'il jugeait plutôt massive. Il y avait une table avec trois chaises, un grand feu dans un poêle, une marmite posée dessus, ainsi qu'un énorme tas de paille qui devait sans doute servir de lit. En levant le regard, il aperçut un symbole d'ailes d'ange au-dessus de la porte, tracé avec des pigments bleus. Intrigué, il laissa ses yeux posés dessus, tandis que Daniel s'occupait de mettre de l'eau issue d'un seau dans la bouilloire, qu'il posa sur le foyer.

L'Aligatueur se dirigea ensuite vers un placard dont il sortit plusieurs fruits rouges ressemblant à des cerises, et des oranges bleues avec un bouton gris. C'était quelque chose que le chat ne reconnaissait absolument pas. Pendant que Daniel s'affairait à découper les baies avec une machette qu'il avait attrapée sur un coin, le chat rouge et noir, qui n'abrégeait plus les mots, habitué à parler avec sa gueule désormais, demanda ce qu'il faisait exactement. Comme si c'était évident -sans doute parce que cela l'était-, il répondit :
« Je cuisine. J'ignore si tu as faim, mais c'est mon cas.
- Hum, eh bien...
- Pas de soucis, il y en aura suffisamment pour nous deux.
- Qui me dit que t'essayes pas de m'empoisonner ? »

L'alligator soupira longuement, mais sourit doucement en réponse à la question du chat, qui avait réussi, après beaucoup de lutte, à grimper sur la table, et s'y était assis pour se mettre à sa hauteur. Il murmura, d'un ton redevenu serein comme lorsqu'il avait trouvé le naufragé sur la plage : « Tu ne serais plus comestible après, ce serait dommage. Tu te rends compte ? Je t'aurais gardé vivant jusqu'ici pour au final ne pas pouvoir te manger.
- J'ai compris. Tu veux m'engraisser pour ensuite me manger !
- Tout à fait. C'est d'une évidence remarquable.
- Tss, j'ai peut-être un peu exagéré... admit le Flamiaou après un temps. »

~~~~~~~ 22 jours plus tard ~~~~~~~
Étage 3 de la Prairie Luxuriante

En grimpant un peu plus loin dans la prairie, Nathanaël distingua au loin une colonne de fumée qui montait vers les cieux. Il s’agissait d’un grand pilier, plus noir encore que le ciel et la terre dans l’air nocturne ; comme la fondation-même du Donjon Mystère. On ne pouvait pas clairement en voir la source, mais pour le Flamiaou, c’était une piste pour retrouver les deux sœurs. Vu leur amateurisme et leur bêtise conjointe, elles auraient bien été capables d’allumer ce feu pour n’importe quelle raison stupide. Sylvain, qui l’avait rejoint, était de l’opinion contraire :
« C’est sans doute un piège. Nous ne devrions pas nous en approcher.
- C’est exactement ce que ces gamines veulent qu’on pense. Au pire des cas, on y perd rien.
- Excepté s’il s’agit effectivement d’un traquenard. Nous perdrions du temps, et probablement davantage s’il y a des Pokémon hostiles en grand nombre. »

Nathanaël grogna et s’assit sur le sol, décidant de faire une pause pour réfléchir quelques instants. Depuis la fin du combat contre ce… Yanma, s’il se souvenait bien, il n’avait plus dit grand-chose. Il était davantage concentré sur ses propres pensées, occupé par la crainte d’un nouvel affrontement qu’il ne serait pas apte à gérer. Il espérait néanmoins pouvoir compter sur Sylvain, cette fois-ci. Bien que prétendant ne plus être aussi puissant qu’auparavant, il serait sans doute plus expérimenté et talentueux qu’un débutant tel que lui… Le Feunard en question déclara alors d’un ton compatissant : « Navré de t’avoir embarqué dans cette histoire.
- Arrête de t’excuser, tu veux ? C’est moi qui ai absolument voulu me lancer dans ces conneries… Je voulais choisir ma voie, mais je suis même pas sûr que ce soit la bonne.
- Tu gères très bien la situation, pour un débutant. Ne te soucie point de tout cela, les réflexes te viendront petit à petit. On ne devient pas un expert en exploration en une seule journée. »

Le jeune humain ne répondit pas, gêné de s’être confié ainsi, et décida de se remettre en route en direction de la colonne de fumée. Le noble, de son côté, soupira, regrettant de ne pas avoir de réponse. Il s’habituait à cette tendance de l’explorateur de ne pas toujours donner la réplique, bien qu’il le regrettât. C’était la décision de continuer en direction des flammes qui le contrariait, en réalité. Mais bien trop timide et incapable de s’imposer, il n’osait contredire le choix de Nathanaël, et le suivit en silence, bien que l’inquiétude grandissait en lui au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient. Après un temps, il murmura :
« Voudras-tu que je lise ton destin dans les Tapisseries, quand nous serons sortis d’ici ?
- Hein ? Tu peux faire ça ?
- Tout à fait. Je suis suffisamment expérimenté pour savoir approximativement ce qui t’attend, et t’en informer, afin que tu puisses l’affronter plus aisément.
- De toute façon, c’est écrit, alors je pourrai pas y faire grand-chose, non ?
- Détrompe-toi ; le destin est en constante évolution. Il n’est qu’un fil dont les enchevêtrements varient en fonction d’un nombre incalculable d’inconnues. Si l’on suit la routine sans se poser de questions, alors effectivement, tout est déjà choisi pour nous. Mais il suffit d’une volonté de changer les choses, de briser les certitudes et les murs, pour écrire notre propre destinée. »

Satisfait de son envolée lyrique, Sylvain laissa échapper un petit sourire de satisfaction. Tournant la tête pour le voir, Nathanaël plissa les yeux plus qu’ils ne l’étaient davantage, avant de déclarer, tout en continuant son chemin : « Mouais. Je crois pas à ces histoires de destin. Il n’y a ni dieu, ni roi, ni autorité qui a le droit de nous commander. On est les seuls à pouvoir choisir ce qu’on veut faire. Si t’es malheureux, t’es le seul à pouvoir changer les choses, point final. Alors bon, je veux bien t’écouter lire les Tapisseries à mon sujet, au moins par curiosité, mais t’étonne pas si je suis perplexe après.
- Je ne te demande pas d’y croire ; je te demande simplement d’essayer. Ne sait-on jamais, cela pourrait t’être utile pour plus tard. »

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MessageSujet: Re: Mission 1 [Solo] Fils du Destin   Dim 25 Déc - 23:35
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Sur ces mots, il renversa les tranches de fruit dans l'eau chaude et se tourna vers le chat, se tourna vers le chat, s'assit à cheval sur une chaise qu'il attrapa, et le fixa . Toujours aussi méfiant, le Flamiaou plissa les yeux, avant de lui demander froidement ce qu'il examinait comme ça. Du même calme, l'alligator bleu répondit : « Toi, tout bêtement. Vu qu'on est coincés ici pour la nuit, essayons de nous entendre et de comprendre ce qui t'est arrivé.
- J'ai rien à te dire.
- Tu n'as pas un seul fragment de souvenir, quoi que ce soit ?
- Nan. Et même si j'en avais un, je ne te dirais rien, nada.
- Je ne suis pas ton ennemi, tu sais.
- C'est toi qui m'a attrapé et amené jusqu'ici alors que je me débrouillais très bien.
- Tu ne sais même pas te déplacer correctement... »

Frustré, le chat répondit par une grimace, se redressant légèrement pour affirmer sa fierté d'avoir réussi à monter sur la table malgré tout. Daniel sourit à nouveau, avant de reprendre après un temps :

« Je maintiens malgré tout : de l'aide te sera nécessaire. Que cela te plaise ou non, tu es un Pokémon, désormais ; et tout Pokémon se doit d'avoir des alliés s'il désire survivre. Si tu veux des réponses à tes questions et connaître la raison de ta venue, être hostile avec ceux qui peuvent te soutenir dans cette mission ne fera que te ralentir.
- Je veux pas savoir ce que je fous là ou ce qui m'a amené ici, répondit le chat en détournant le regard. Je veux juste redevenir humain, récupérer la mémoire et rentrer chez moi. Les raisons, j'en ai rien à faire.
- Quel que soit ton objectif, cela revient au même. Les raisons de ton arrivée sont sans doute étroitement liées à ce qui te permettra de faire demi-tour. Comme je t'ai déjà dit, tu n'es pas le premier à avoir été envoyé chez nous.
- Pour la quarante-sixième fois, je m'en fous complètement. J'aviserai en fonction de comment les choses se passeront. »

Cette fois-ci, l'Aligatueur ne put retenir un long soupir de dépit. Ce chat était si têtu qu'il en était réellement déprimant ; mais qu'y puis-je, après tout ? Se disait-il. Je ne peux pas le persuader d'être un peu plus coopératif. À moins que... Daniel demanda, après une légère hésitation, si le Flamiaou était intéressé par un marché, dont il précisa, devant son air intrigué, la nature exacte :

« Écoute ; je vois que tu n'es absolument pas du genre à apprécier les Pokémon en général, mais je vais te dire quelque chose. Si je t'amène à la Guilde, ancien humain ou pas, ils voudront faire de toi un apprenti explorateur. Je pense que c'est pas une mauvaise chose en soi, mais je doute que tu t'y plaises, surtout qu'ils vont sans doute te conduire à faire équipe avec un ou plusieurs autres Pokémon. Je me trompe ?
- En plein dans le mille. J'ai pas envie de devenir apprenti de qui que ce soit, et encore moins de me retrouver avec tout un tas d'inconnus dans les pattes. Je suis un solitaire. Je compte bien le rester.
- Le problème étant qu'en raison de ton jeune âge, tu es obligé d'aller dans une institution. Que ce soit une école, une guilde, un artisanat, ou quelque chose du genre. Si tu te retrouves à vagabonder, ils t'y mettront de force. C'est comme ça que ça fonctionne par ici. »

Daniel bluffait complètement ; mais le Flamiaou, complètement ignorant concernant les mœurs et les coutumes de leur monde, écoutait d'une oreille attentive. L'Aligatueur, voyant qu'il avait l'attention de l'ancien humain, continua :

« Cependant, il existe une parade à cela. Si tu te trouves un petit boulot, tu n'auras pas à bosser dans un cadre scolaire strict et au milieu de groupes plus larges ; même si c'est à mi-temps, par exemple. Tu comprends jusque là ?
- Ouais, donc si je veux éviter de me retrouver dans les rangs, je dois m'engager avant qu'ils ne le fassent ?
- Tu as tout compris. »

Le chat plissa les yeux à nouveau, perplexe. Dans sa tête, c'était tout à fait logique. Et puis si ça lui évitait de se retrouver dans cette Guilde ou quoi que ça puisse être, dont le nom ne l'inspirait absolument pas, tant mieux ! Il hocha finalement la tête, avant de miauler qu'il était potentiellement intéressé, avant de demander : « Du coup, une idée de où je pourrais avoir un poste tranquille ? Y a une procédure à suivre, tout ça ? De la paperasse ? » ; l'Aligatueur se leva, fouilla ses meubles pendant une dizaine de secondes, et en sortit un formulaire un peu froissé qu'il tendit au Flamiaou. Les caractères étaient absolument illisibles, écrits dans une langue inconnue... Il grogna : « Je comprends rien.
- Je vais t'aider à le remplir. Tout d'abord, il faut ton domicile de résidence. On va dire que ce sera ici, le temps que tu réussisses à vivre par tes propres moyens. »

Le Flamiaou s'avéra gêné du fait que Daniel accepte de l'héberger. Étrangement, ce n'était pas parce qu'il ne l'appréciait pas - il commençait à s'y faire, même ; mais il se sentait de trop, pour le coup. Agacé de se sentir culpabiliser alors que l'Aligatueur lui faisait hospitalité par pure politesse, il secoua la tête et remplaça cette impression par une légère colère envers lui-même. Il n'écouta qu'à moitié son hôte quand celui-ci lui demanda le prénom qu'il comptait se donner.

« Hein ? Mon prénom ? S'étonna-t-il, sortant de sa réflexion.
- Oui. Il te faut un prénom.
- Bah, je m'en souviens toujours pas. Mets ce que tu veux.
- C'est tout de même la façon dont on va t'appeler, c'est important.
- Limite je préférerais qu'on me siffle. »

Daniel pouffa de rire, ce qui conduisit le chat à lui cracher dessus, agacé par la moquerie, bien que ce soit lui qui ait commencé. Il avait juste dit la première chose qui lui était passée par la tête. Soupirant, il s'évertua à fouiller sa mémoire, se demandant encore et encore comment on pouvait bien l'avoir appelé. Mais rien ne lui revenait. Lorsqu'il secoua la tête d'énervement, l'Aligatueur déclara : « On est là pour la soirée, mais je préférerais ne pas la perdre à te trouver un nom... vraiment aucune idée ?
- Mets... Nathanaël. Ouais, ça sonne bien, Nath.
- Nath ? s'étonna le brigadier, mal à l'aise.
- Ouais, Nath' c'est pas mal. Après, j'ai dit au pif. Tu connais un Nath ? Je peux changer, au pire.
- C'était ainsi que j'appelais mon fils.
- Oh. Il est mort ? »

Pas de réponse ; le Flamiaou en conclut qu'il avait eu juste. Soudainement plus sombre, Daniel se pencha et inscrivit néanmoins le prénom qu'il lui avait donné. Pour sa part, il ne se trouva pas réellement gêné de la situation qu'il avait provoquée. Je pouvais pas savoir, de toute façon. Et puis bon, apparemment, ça n'a pas l'air de le déranger tant que ça... J'espère juste qu'il ira pas s'imaginer que je suis son fils adoptif ou quoi, ça craindrait un peu. Soupirant, le jeune chat ainsi nommé Nathanaël relança par un « Bon, c'est quoi la suite ?
- Demain, je t'amène à la Guilde malgré tout, afin de les informer quant à ton arrivée dans les environs. Je te montrerai ensuite ton futur emploi. Rien de très compliqué, ne t'inquiète pas, je m'assurerai d'un début en douceur, Nath'. »

Eh ben voilà, il l'appelait comme ça malgré tout ! Pensa Nathanaël, satisfait. Après qu'il ait écrit les deux noms ainsi choisis, ils durent remplir le restant du formulaire. Ils y passèrent une bonne heure mais le lendemain, après un repas que le Flamiaou jugea plutôt fade et un sommeil assez difficile car il s'était fait écraser pendant la moitié de la nuit, le duo porta le formulaire à la Guilde, afin que le jeune humain puisse obtenir son matériel et être en règle le plus vite possible. Daniel décida, par la suite, de l'entraîner pour lui apprendre à se déplacer, manger, communiquer, lire et écrire, et lui donner quelques connaissances théoriques basiques qui lui seraient utiles.

~~~~~~~ 22 jours plus tard ~~~~~~~
Étage 4 de la Prairie Luxuriante

Ils étaient arrivés dans un lieu de la prairie où l’herbe était beaucoup plus haute. Elle caressait le museau de Nathanaël et lui donnait une terrible envie d’éternuer ; mais craignant de provoquer un feu par accident, le jeune Flamiaou se retenait tant bien que mal. Le sol était tiède sous ses pattes et l’atmosphère semblait plus sombre qu’auparavant : plus ils s’enfonçaient dans les profondeurs de la prairie et plus l’endroit était lugubre. Son envie de faire demi-tour s’en trouvait renforcée, mais il luttait contre celle-ci pour ne pas trop paraître faible de caractère devant Sylvain, qui lui avait accordé sa confiance.

« Nous avons traversé une grande partie de la prairie, affirma le Feunard. Nous ne devrions pas tarder à nous approcher du bout de celle-ci, et donc du Donjon Mystère.
- Tu dis ça mais j’ai l’impression qu’on s’enfonce encore plus profondément…
- C’est normal. Plus nous avançons et plus les lieux sont dangereux. Nous devons rester prudents et ne pas attirer l’attention. »

Nathanaël tomba bientôt museau à museau devant un buisson de feuilles épaisses. Il fronça les sourcils autant qu’il le put et essaya de le contourner, mais l’obstacle demeurait devant lui, comme s’il était vivant. Il hésita quelques instants, fut pris d’un doute, et lui donna un timide coup de patte, intrigué, juste pour vérifier. L’instant d’après, le buisson remua, se retourna, et des petites pointes vinrent assaillir le visage du chat, qui poussa un feulement de surprise et bondit en arrière, s’agrippant au Feunard dans son saut. Sa fourrure était très douce et agréable ; ils restèrent là à se regarder, silencieux, avant de fixer la créature devant eux : une sorte de chenille enveloppée de feuilles, qui les regardait avec une sévérité notable.

« Un Cheniti avec une cape de feuilles, affirma Sylvain. Ne nous soucions pas de lui et... »

La créature s’avança pour tenter de recommencer à piquer Nathanaël, qui se grimpa sur la tête de Sylvain en poussant un nouveau cri. Ce dernier, n’osant pas lui demander de descendre, s’éloigna de la chenille de feuilles et la contourna. Mais elle continuait de les suivre, poussant des cris enragés, comme si elle n’était pas du tout contente de la visite des deux intrus. Finalement, agacé, le Flamiaou bondit pour faire face à la créature, malgré l’herbe qui lui bloquait la vision, décidé à se venger en la faisant fuir. Il lança une menace à laquelle l’insecte répondit par un rapprochement, puis, après un coup de langue sur sa fourrure, il cracha une petite flamme en direction du monstre.

Combat !:
 

La créature poussa un hurlement de surprise et de douleur mêlées en sentant la calcination ; mais au lieu de répliquer à nouveau, elle prit la fuite, laissant un Nathanaël profondément énervé par les attaques de ces monstres auxquels ils n’avaient rien fait et sujet à un terrible mal de tête qu’il attribuait désormais à ces morsures d’insectes. Sylvain se rapprocha et lui demanda s’il allait bien, avant de lui proposer de manger quelque chose pour tenir le coup jusqu’à leur arrivée jusqu’aux sœurs. Le Flamiaou accepta, conscient qu’il n’irait pas beaucoup plus loin s’il n’acceptait pas l’aide de son allié, qui lui tendit donc une Baie Oran tirée de son sac. Il la croqua et l’avala toute entière, tandis que le Feunard en prenait une pour lui-même. Déjà, il sentait les effets de l’anti-douleur l’apaiser, et l’envie de reprendre sa route le regagna presque aussitôt.

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MessageSujet: Re: Mission 1 [Solo] Fils du Destin   Dim 25 Déc - 23:50
Étage 5 de la Prairie Luxuriante

La colonne de fumée ne faisait que s’élargir tandis qu’ils s’en approchaient, tel un grand cyclone. Nathanaël craignait de plus en plus ce qu’ils allaient y trouver ; l’herbe était si haute que même lorsqu’il dressait sa queue au plus haut, il ne parvenait à l’en sortir. Sylvain lui-même semblait avoir du mal à garder la tête à la surface de cet océan de verdure. Tandis que leur marche les portait plus loin, le Flamiaou reprit avec ses inquiétudes : « Je te jure que si elles sont parties et qu'on a fait tout ça pour rien...
- Eh bien... J'ose au moins espérer que tu ne t'es pas trompé sur leur destination.
- Bah, pourquoi elles seraient allées autre part ?
- Loin de moi l’idée de douter de toi, mais es-tu persuadé de ce que tu avances ?
- Hein ?
- Es-tu confiant au sujet de leur fuite dans cette direction ? Nous ne nous basons que sur ce que tu avances. Peut-être t’es-tu trompé, ou…
- Elles ont parlé de retourner chez elles. Et je suis sûr qu’elles vivent ici, elles m’en ont parlé quinze mille fois quand on se croisait au village. Elles peuvent pas être allées autre part.
- Mais pourquoi t’auraient-elles donné leur destination ? »

Nathanaël s’arrêta, soudainement pris d’un doute, lui aussi. Il s’était tellement fixé sur l’idée de pouvoir trouver un moyen de s’échapper de l’autorité de Daniel en se servant de cette histoire qu’il en avait oublié le détail le plus important : la véracité de sa source. Les deux voleuses n’avaient aucun intérêt à lui donner leur destination, bien au contraire. Sylvain, derrière lui, commençait à perdre contenance à l’idée qu’ils se soient lancés sur une mauvaise piste. Il n’osait rien dire, et le silence s’éternisant, son mal-être ne faisait qu’augmenter, au point qu’il se sentit chancelant. Finalement, le Flamiaou reprit d’une voix lente : « Elles peuvent être que là.
- Tu as affirmé la même chose pour la colonne de fumée. Mais rien ne dit que... »

Le Feunard s’interrompit, trouvant son regard plongé dans celui de Nathanaël qui avait fait volte-face. Une lueur étrange flottait dans ses yeux, ce qui empêcha Sylvain de continuer sa phrase, et lui permit de reprendre d’un ton plus agressif : « Elles sont deux gamines de 16, 17 ans maximum. Elles ont grandi sans parents, elles vagabondent toutes les deux, peuvent compter que sur elles-mêmes. Ce sont pas des voleuses expérimentées : elles parlent trop, sont trop imprudentes et espiègles, ont trop traîné au niveau de Bourg-Trésor. En plus, leur façon de me demander de me taire et leur panique prouvent qu’elles avaient improvisé le vol. Si elles veulent pas se faire attraper, elles doivent quitter la région. Mais pour ça, il leur faut du matériel, et vu qu'elles ont pas préparé leur coup à l'avance, elles sont obligées de faire un crochet par chez-elles pour récupérer ce qu'il faut. Donc maintenant on doit bouger notre cul parce que sinon elles vont se tirer et on les reverra jamais. »

D'une seule traite, Nathanaël s'était ainsi justifié. Il n'avait pas davantage réfléchi à ce qu'il avait dit ; pour lui, cela lui paraissait évident. Sylvain, de son côté, devait s'avouer nettement plus étonné, à la fois par la réflexion de son camarade d'aventure, mais également par le fait qu'elle semblait tout à fait juste. C'est donc sans un mot de plus que les deux compagnons se remirent en route vers la colonne de fumée, qui semblait noircir encore et encore. Était-ce l'effet du Donjon Mystère, ou la nature du combustible était-elle en train de changer ? La curiosité de Flamiaou s'épaississait. Il accéléra le pas, oubliant presque son client qui le perdait de vue. À un moment, celui-ci décida enfin d'intervenir : « Nathanaël, ralentis ! Je... J'ai peine à te suivre...
- Roh, tu exagères ! C'est toi qui es trop lent, c'est tout. »

Blessé dans son amour-propre d'être considéré comme un fardeau, le noble accéléra le pas pour poursuivre le Flamiaou. Amusé, ce dernier augmenta lui-même le rythme pour le provoquer, si bien qu'ils se retrouvèrent tous deux à courir l'un après l'autre dans les hautes herbes, Sylvain en arrivant même à essayer de l'attraper pour l'arrêter. Néanmoins, le félin demeurait bien trop rapide ; à présent que je suis habitué, je suis bien trop rapide pour lui ! Pensa-t-il. Il finissait même par se plaire dans cette enveloppe charnelle qui n'était pas la sienne, au fur et à mesure. À court de souffle, le renard ralentit le rythme, et Nathanaël, pris d'une hésitation, en fit de même. Il n'allait tout de même pas le laisser en arrière. En le voyant revenir, l'érudit s'étonna : « Eh bien... Je ne pensais pas que tu patienterais...
- Bah, quoi ? On fait équipe sur ce coup, le moins que je puisse faire c'est t'attendre... Mais t'as des gros problèmes d'endurance, quand même !
- Au contraire de feu ma grand-mère, je ne suis pas un aventurier... Je suis davantage taillé pour l'étude calme et paisible.
- Tout ça c'est dans la tête ! Avec assez de volonté tu peux faire ce que tu veux. »

Touché par la positivité du Flamiaou, Sylvain se permit un timide sourire, et se redressa pour reprendre la route, doublant son compagnon de route, tout en répondant : « J'en doute... De toute façon, je crains que cela ne soit ma dernière aventure avant bien longtemps ; mais tâchons d'en profiter.
- Tu t'es pas battu depuis le début du donjon, remarqua Nathanaël en le rattrapant pour marcher à ses côtés. Si on retrouve les jumelles, je compte sur toi pour m'aider à leur mettre une raclée !
- Je souhaiterais régler cela pacifiquement. De plus, il se pourrait qu'elles s'en prennent aux Tapisseries si nous les menaçons de les remettre aux autorités... Nous devons être diplomates afin d'éviter tout accroc.
- De toute façon, elles s'en doutent, qu'elles vont pas s'en tirer comme ça. Mais maintenant que je peux utiliser le feu, je vais leur refaire les couettes tu vas voir. »

~~~~~~~ Quelques heures plus tôt ~~~~~~~

Nathanaël s'ennuyait terriblement ; et ce qu'il y avait de pire dans cette lassitude, c'est qu'il avait littéralement signé pour. Daniel l'avait arnaqué comme il n'aurait jamais cru l'être. Il l'avait fait s'inscrire en tant qu'assistant brigadier débutant temporaire, et il s'était ainsi retrouvé contraint de suivre l'Aligatueur dans ses missions plus répétitives les unes que les autres. Des patrouilles, des patrouilles, encore et toujours des patrouilles, toujours dans les mêmes lieux, toujours avec les mêmes personnes, toujours à poser les mêmes questions. Il n'y avait rien de plus agaçant que de savoir à l'avance ce que quelqu'un allait dire car il l'avait entendu au moins une bonne quinzaine de fois.

Les premiers jours avaient été intéressants ; il avait appris les bases de l'univers dans lequel il avait atterri, découvert la ville, exploré les alentours, sans parler des entraînements pour qu'il apprenne à pleinement maîtriser son nouveau corps. Mais jamais Daniel ne le laissait s'éloigner, craignant qu'il ne lui arrive quelque chose. S'il essayait seulement de filer en catimini, il se retrouvait attrapé par la peau du col et sermonné comme un chaton. Et même quand il réussissait à échapper à son regard, c'était un autre brigadier qui le ramenait comme un prisonnier. Désespéré par la surveillance dont il était victime, il planifiait, chaque soir, un nouveau moyen de quitter la routine dans laquelle il était tombé. Il y mettait cœur et âme pour enchaîner les échecs, devant un Aligatueur de plus en plus blasé par ses tentatives.


« Je t'offre un travail tranquille et un endroit où dormir, et tu ne cherches qu'à t'échapper ? Tu préfères peut-être te retrouver au milieu des donjons alors que tu ne sais même pas te battre ? »

Là aussi, c'était toujours la même chose, le même argument. Nathanaël avait demandé à Daniel de lui apprendre à se battre, mais il n'avait même pas accepté de lui expliquer quoi que ce soit. « Tant que tu ne serais pas capable de rester en place, il n'en est pas question. », répondait-il alors. Le Flamiaou se retrouvait donc dans une impasse. Les seuls moments où il parlait à l'Aligatueur, c'était quand ce dernier lui donnait des cours pour qu'il apprenne à lire et écrire le langage Pokémon. Le chat haïssait de se retrouver contraint à cela, bien qu'il le parlât de façon naturelle ; mais malheureusement, il n'avait pas trop le choix s'il souhaitait se tirer de là. Et si de tels cours pouvaient lui éviter à l'avenir de se faire arnaquer, ils se prouveraient utiles. Même si d'ici là, c'était surtout des formulaires à remplir.

Lorsqu'ils patrouillaient, Nathanaël se tenait à distance de l'alligator, et évitait généralement les autres Pokémon. C'était à peine s'il écoutait leurs noms quand ils se présentaient, ou s'il daignait seulement les regarder. Daniel excusait alors le chat à tort et à travers, afin de lui permettre de ne pas être simplement considéré comme un nouveau-venu méprisant. Quand ils faisaient une pause, il s'allongeait à même le sol, posant sa tête sur ses pattes avec un air déprimé. De temps en temps, certains enfants de Bourg-Trésor essayaient d'engager la conversation, et l'Aligatueur l'encourageait à se sociabiliser, mais il refusait toujours, détournant le regard ou s'éloignant. La dernière chose dont il avait envie, c'était d'en arriver à devenir ami avec eux.

Il ne pensait pas Daniel méchant, mais chiant, ça oui. Il se comportait avec lui comme il ferait avec un gosse, et ça avait le don d'énerver le Flamiaou ; surtout que d'après l'examen médical du médecin, un Nanméouïe, il avait approximativement 17 ans. Il n'était donc même plus un enfant. C'était même quasiment un adulte, à cet âge-là. Néanmoins, l'alligator ne voulait rien entendre. Une ou deux fois, en discutant avec des collègues, davantage par ennui que par intérêt, il eut vent du fait que Daniel n'avait pas toujours agi ainsi. Auparavant, il était même un grand aventurier. Mais le décès de son fils l'avait fait préférer la routine et la tranquillité de Bourg-Trésor. Pas étonnant qu'il soit aussi protecteur, en déduisit Nathanaël, désespéré.

Un soir, alors qu'ils rentraient vers la maison après une énième patrouille, un cri perçant se fit entendre. Bondissant de surprise, Daniel bloqua la route à Nathanaël, lui ordonnant de rester là, avant de se mettre à courir vers la source du hurlement sans un regard en arrière. Désobéissant automatiquement aux instructions, le chat y vit une occasion de s'enfuir et se rua dans la forêt, traçant à toute allure pour distancer l'Aligatueur avant qu'il ne revienne.
Cette fois-ci, personne ne pourra m'arrêter ! S'exclama-t-il intérieurement. Au crépuscule, les patrouilles changeaient. Cette occasion était idéale pour passer entre les mailles du filet.

Soudainement, il se cogna contre quelqu'un. Il s'agissait d'une jeune Candine, Natasha, qui traînait aux alentours du village depuis trois ou quatre jours, accompagnée de sa sœur jumelle, Gladys. Il ne les appréciait pas. Elles étaient stupides, naïves, gamines, et ne pensaient qu'à trouver de nouveaux moyens de se mettre en valeur et de dominer les autres. Deux pestes comme on n'en faisait que difficilement. Lorsqu'elles essayaient de lui proposer un jeu, Nathanaël refusait et s'éloignait au plus vite, afin d'éviter à supporter leurs voix aiguës et insupportablement chantantes. Cette fois-ci, elles étaient enveloppées toutes deux d'une sorte de cape arc-en-ciel, et semblèrent terrifiées en voyant le chat.


« Nath ?! S'écrièrent en chœur les sœurs.
- Oh, fit-il en se redressant, un peu sonné. Gladys, Natasha, quelle joie de vous revoir...
- Ne... ne dis à personne que tu nous as vues ! Déclara prestement Gladys.
- Surtout pas à Daniel ! S'il te plaît ! Enchaîna Natasha.
- Et pourquoi je vous rendrais ce service ? »

Elles écarquillèrent les yeux simultanément, ce qui agaça profondément le Flamiaou. Avec empressement, Gladys proposa : « On ne t'embêtera plus ! Promis ! Tu ne nous reverras plus jamais !
- Vous partez ? Où ça ? S'étonna Nathanaël, qui commençait à suspecter quelque chose de louche.
- On retourne chez nous, c'est tout, on... On a autre chose à faire ! Répliqua sa sœur.
- S'il te plaît, Nath' ! Insista la première.
- Bon, bon, d'accord, si ça peut m'éviter de voir vos sales tronches, ça m'arrange. Décampez. »

Elles se penchèrent pour lui déposer chacune un baiser sur la joue par surprise, ce qui eut pour effet de lui faire tourner la tête. Une terrible migraine le prit et il les vit disparaître dans la forêt en riant, tirant leur longue cape multicolore avec elles. Il s'effondra sur le sol, incapable de faire un pas supplémentaire ; quand son esprit fut de nouveau stable, il réalisa qu'il était suspendu au-dessus du vide. Daniel l'avait apparemment retrouvé, et semblait plus excédé que jamais, mais surtout désespéré de lui avoir fait confiance. Tandis que Nathanaël grondait intérieurement contre les deux sœurs qui l'avaient arnaqué, hésitant à faire capoter leur fuite puisqu'elles avaient fait rater la sienne, il baissa son regard jusqu'à l'autre personne en présence.

HRP:
 



Nathanaël est insolent en Metal Écarlate [#9C1414]
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Sylvain est distingué en Turquoise Disco [#79a2ea]
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MessageSujet: Re: Mission 1 [Solo] Fils du Destin   Lun 26 Déc - 0:36
~~~~~~~ Quelque part, près du présent ~~~~~~~

« Hé, sœurette, je crois qu'on a de la visite.
- Ah ? Qui c'est qui nous a suivi... ?
- Nath' et le Feunard auquel on a piqué le tissu multicolore.
- Qu'est-ce qu'on fait ? On n'a pas encore pu tout brûler...
- Ils savent pas se battre, ni l'un ni l'autre, mais nous si. On leur flanque une dérouillée et on décampe illico, tant pis pour ce qui manque !
- T'es sûre ? Maintenant qu'ils nous ont retrouvées, ils vont mettre les autres sur notre piste dès qu'ils se seront réveillés, tu sais...
- Tu exagères, Natasha... Tu vas voir la raclée qu'on va leur mettre, je suis même pas sûre qu'ils oseront dire quoi que ce soit ! »

~~~~~~~ Toujours quelques heures avant ~~~~~~~

C'était un grand renard blanc, à l'allure fine et au regard bleu nuit. Il le regardait avec douceur, tranchant avec la colère de l'Aligatueur. Sa fourrure était délicatement soignée, celle de l'arrière de sa tête lévitant dans les airs, tandis que sa queue, touffue et sombre en son centre, se divisait en neuf plus petites. C'était la première fois que Nathanaël le voyait, mais il savait à qui il avait affaire. Il s'agissait de Sylvain, le Feunard exotique demeurant dans un manoir proche de Bourg-Trésor ; c'était un érudit influent et respecté ne sortant jamais de chez-lui, occupé à lire des livres et à étudier ses « Tapisseries du Destin », comme Daniel les avait appelées quand ils en avaient parlé. Sa domestique, une Fragilady boiteuse, parlait de lui comme un jeune homme doux, respectueux, sage, mais un peu trop timide. Leur échange de regards attira l'attention du brigadier, qui arrêta ses sermons : « Ah, pardon, je ne vous ai pas présentés. Nathanaël, voici Sylvain, je t'ai déjà parlé de lui. Sylvain, voici Nathanaël, c'est mon apprenti. Enfin, quand il n'essaye pas de s'échapper pendant que j'essaye de vous aider...
- Ne vous inquiétez pas, je puis comprendre, répondit-il d'une voix au ton agréable. Nous avons tous des désirs de liberté.
- Les siens sont un peu trop marqués à mon goût... grogna Daniel. »

Il posa finalement Nathanaël sur le sol, sans que celui-ci ne quitte du regard Sylvain, profondément intrigué par le personnage, comme il ne l'avait jamais été. Pour une raison inconnue, il n'arrivait pas à le détester comme les autres. Le Feunard n'était pourtant pas bien différent des autres Pokémon, dans le fond. Cette absence de capacité à formuler des émotions précises envers cet inconnu agaça le Flamiaou qui détourna enfin les yeux, pour regarder la forêt qui les entourait. Comment Daniel a fait pour me retrouver ? S'étonna-t-il. Comme s'il avait entendu la question, le brigadier y répondit :

« Nous poursuivions Natasha et Gladys lorsque nous t'avons trouvé.
- Pourquoi vous les poursuiviez ? Demanda Nath', intrigué.
- Elles m'ont dérobé les Tapisseries du Destin, malheureusement... J'ai bien essayé de les attaquer pour les en empêcher, mais elles se protégeaient avec, je n'ai pu m'y résoudre. Les fils sont cruellement sensibles à la glace... C'est dans ces moments que je regrette de n'être point comme mes confrères de feu, car les Tapisseries ont le bonheur d'être ignifugées.
- C'est assez ironique, rit le jeune Flamiaou. D'habitude, c'est l'inverse !
- Cela m'aurait bien arrangé. Elles ont pu s'enfuir et disparaître dans les bois... Impossible de savoir où elles sont ; je n'ai pas la moindre idée de leur destination.
- Je vais aller réunir quelques équipes pour les pister, déclara Daniel, embêté. Vous pouvez reconduire Nathanaël chez moi, si ça ne vous dérange pas ? Il se fait tard et je préfère éviter de l'embarquer dans cette histoire.
- Je puis l'héberger pour la nuit si vous le désirez, affirma Sylvain. Cela ne me dérangera point, c'est le moins que je puisse faire pour le service que vous me rendez.
- Je suis là, vous savez ! S'exclama Nath'. Je peux au moins avoir le droit de donner mon avis ?!
- Cela m'arrangerait, l'ignora Daniel en s'adressant au Feunard. Je ne sais pas à quelle heure je serais de retour, je risque de les poursuivre jusqu'à ce qu'on aie une piste convenable, au vu de la valeur des Tapisseries. Merci beaucoup.
- Nathanaël, qu'en pensez-vous ? Demanda finalement Sylvain. »

Il posa son regard sur le Flamiaou, qui se sentit à la fois soulagé qu'on s'intéresse enfin à son opinion, et mal à l'aise devant les yeux bleutés qui reflétaient son visage. Détournant de nouveau la tête, incapable de soutenir le regard de Sylvain à la surprise partagée des deux autres -le Feunard ne se considérant pas du tout comme intimidant, et Daniel voyant cela arriver pour la première fois-, il bégaya : « O-ouais. Ça me va, comme plan. » Amusé, l'Aligatueur croisa les bras, mais n'éleva aucune remarque de crainte de braquer le chat alors qu'il semblait enfin décidé à parler avec quelqu'un d'autre que lui.

Le trio se divisa immédiatement et Nathanaël suivit donc Sylvain à travers les bois. C'était la première fois que le brigadier le laissait seul volontairement : il devait avoir énormément confiance en cet érudit... Mais cela voulait sans doute dire qu'il ne lui laisserait pas l'occasion de filer. Se déplaçant avec une grande grâce, le Feunard de glace entreprit de lui poser plusieurs questions. Qui était-il ? D'où venait-il ? Quel était son objectif ? Le jeune apprenti brigadier lui répondit en toute honnêteté, et l'ermite lui expliqua qu'il avait parlé à un humain, autrefois ; mais que c'était la première fois qu'il allait en héberger un. Nathanaël se risqua à lui demander son âge. À sa grande surprise, il n'avait que vingt ans.


« J'étudie les Tapisseries depuis que je les ai héritées de ma grand-mère, expliqua Sylvain. Elles sont mon bien le plus précieux. Je suis prêt à tout pour les récupérer...
- Vraiment à tout ? Demanda Nathanaël. »

Ils s'arrêtèrent et un regard gelé transperça le chat. Il sentit la froideur de sa détermination, mêlée à une puissante volonté de récupérer ce qui lui était dû. Ravalant sa salive, il n'osa dire quoi que ce soit de plus avant que le Feunard ne réponde : « Vous savez quelque chose, n'est-ce pas ?
- Co-comment... Hey, non, je...
- Vous les avez vues, n'est-ce pas ? Où sont-elles allées ? »

D'abord déstabilisé qu'il ait deviné sa rencontre avec les deux sœurs, Nathanaël ne tarda pas à remettre les pattes sur terre pour prendre un ton provocateur accompagné du sourire assorti. Il avait eu une idée de génie qui arrangerait autant Sylvain que lui-même. Si le Feunard acceptait, alors il se tirait enfin du mauvais pas dans lequel il était. Calmement, il déclara : « Et si je savais quelque chose, qu'est-ce que j'aurais en échange ?
- Daniel ne sera certainement pas content que vous cachiez quelque chose d'aussi important.
- Je crains plus les engueulades du vieux, j'y suis habitué. Faisons un marché.
- Quel genre de marché ?
- Je vous dis où sont les sœurs. En échange, nous allons les récupérer ensemble dès maintenant.
- Les assistants brigadiers ne vont pas sur le terrain. Légalement, je ne peux pas le faire. Si Magnézone apprend que je me suis lancé avec vous sur leur trace, j'aurais une part notable de responsabilité.
- C'est exactement pour ça que je n'y vais pas en tant qu'assistant brigadier. »

Le Feunard s'étonna, et Nathanaël ouvrit sa sacoche dans laquelle se trouvait un formulaire qu'il avait rempli il y a déjà plusieurs jours. C'était un tract qui permettait de former une équipe d'exploration indépendante en solitaire, remplie à son nom et par ses soins. Il ne restait qu'un seul endroit à cocher : celui de l'autorisation d'un adulte qui agirait en tant que garant, en cas de personne mineure. Le Flamiaou l'avait gardé sur lui après l'avoir rempli pour s'entraîner, au cas où l'occasion se présentait. Il avait extrêmement bien fait. Peut-être que ce minuscule bout de papier allait signer enfin sa libération. Daniel n'était évidemment pas au courant. Sylvain murmura : « C'est une plaisanterie ?
- Je fonde ma propre équipe d'exploration en me servant de vous comme garant, j'effectue la récupération des Tapisseries comme si c'était une mission avec votre aide, et nous rentrons bien gentiment ici en annonçant à Daniel que j'ai non seulement réussi à vous aider, mais que je prends mon indépendance, et ce de façon totalement légale.
- Vous lui mentez alors qu'il vous a tant aidé... Cela dépasse les limites de mon entendement.
- Écoutez, Sylvain. Vous êtes la seule personne que je juge digne de vouvoyer pour la simple et bonne raison que contrairement aux autres, vous semblez intelligent. Daniel me surveille comme il garderait un gosse, j'en ai ma claque. Je préfère risquer ma peau dans des donjons plutôt que me coltiner des patrouilles ennuyeuses quand sa seule préoccupation est de vivre dans la routine. C'est pas comme ça que je réussirai à rentrer chez moi. Si je veux me tirer de ce monde et retrouver mon corps humain et la mémoire, je dois trouver ceux qui ont été dans mon cas, et avec lui dans mes pattes, c'est mort. Vous le savez autant que moi. »

Sylvain détourna finalement le regard, convaincu par la logique de Nathanaël. Il a raison, et je le sais... Cela ne me plaît pas, mais je vais devoir trahir Daniel. Si nous agissons trop tard, je pourrais ne plus jamais revoir les Tapisseries... soupira le Feunard. Nous n'avons pas de temps à perdre sur un interrogatoire avec une personne aussi têtue. Je dois prendre le risque. Après un temps, il déclara : « C'est entendu. Je signe l'autorisation, je vais récupérer quelques affaires, nous nous rendons à la Guilde pour officialiser tout cela et direction leur lieu de résidence. »

Le Flamiaou jubila intérieurement tandis que Sylvain lui donnait enfin les droits pour fonder son équipe indépendante, le libérant du joug de Daniel.

Sa carrière d'Explorateur venait de commencer.


~~~~~~~ Tout de suite et maintenant ~~~~~~~
Étage Final (6) de la Prairie Luxuriante

Un grand brasier avait été allumé au milieu d'un coin de terre de battue, et divers objets y brûlaient, la fumée qui s'en dégageait se transformant en une grande colonne noire. Nathanaël et Sylvain observèrent l'étrange spectacle en silence, sans réellement y comprendre quoi que ce soit ; l'endroit tout entier était éclairé comme en plein jour. Une atmosphère pesante régnait, accompagnant la lente combustion des sacs, des vêtements, des meubles. Après un long silence seulement troublé par le crépitement des flammes, le Feunard déclara : « Elles ont brûlé toutes leurs possessions et sont parties.
- Je t'avais bien dit que c'était rien de dangereux en soi.
- Nous sommes arrivés en retard... fit son compagnon en ignorant la remarque moqueuse.
- Parle pas trop vite, Sylvain. Je crois qu'elles sont pas bien loin. »

En tournant la tête, le duo remarqua les deux silhouettes des demoiselles qui sortaient des hautes herbes, attachées ensemble par les Tapisseries. Elles marchaient ensemble en synchronisation parfaite, s'approchant d'un pas tranquille comme si elles se moquaient éperdument de la situation dans laquelle elles se trouvaient ; Nathanaël se mit aussitôt en position d'attaque, et son compagnon d'aventure suffoqua en les voyant utiliser le précieux tissu telle une armure : elles pouvaient s'en servir comme moyen de pression, en usant de leur valeur pour les empêcher de les attaquer. Mais déjà, le Flamiaou semblait prêt à leur bondir dessus, ignorant tout à fait ses mouvements tremblants, qui lui intimaient désespérément de ne rien faire. L'une d'elles ricana : « Alors, on hésite ?
- Ben dites donc, vous voulez pas les récupérer finalement ?
- Venez les chercher, elles sont toutes à vous...
- Mesdemoiselles, évitons les hostilités, affirma Sylvain calmement. Rendez-nous les Tapisseries immédiatement et nous vous laisserons partir.
- Bah ! Et on aurait fait tout ça pour rien ? s'exclama l'une.
- On est pas stupides non plus !
- On s'est embêtées à te les piquer...
- C'est pas pour te les rendre à la première contrariété !
- Vous êtes ridicules, grogna Nathanaël, agacé. Vous nous donnez les Tapisseries ou je vous défigure tellement qu'on saura même plus que vous êtes jumelles. »

Elles se regardèrent puis éclatèrent de rire. Elles ensuite firent un pas en avant, chacune pointant une de leurs mains sur le duo, comme si elles désiraient appuyer leur effet théâtral. Elles annoncèrent alors dans une tirade coordonnée qu'elles défiaient le duo en combat. Nathanaël, déjà si ennuyé par leur numéro qu'il s'était retenu d'en détacher son regard, ne put retenir un accès de dépit devant une telle proclamation. Un coup d'œil à son côté lui apprit que Sylvain ne pipait mot, et ne semblait pas même prêt à la moindre réaction. Agacé et ayant peine à croire ce qui se déroulait devant lui, il prit sur lui de répondre pour son groupe : « Ouais, bon, vous avez fini ? Vous êtes chiantes à vous la jouer. Montrez-moi ce que vous savez vraiment faire, bande de gamines.
- Tu vas le regretter ! » s'écrièrent-elles en chœur.



Boss 1 :
 

À une vitesse phénoménale, les deux demoiselles s'approchèrent de Nathanaël et lui mirent un grand coup de pied synchronisé qui ne manqua pas de le repousser par les airs, le goût amer du sang emplissant sa gueule après une inévitable retombée. Le sol à nouveau sous ses pattes, il poussa un miaulement de fureur et se remit droit, chargeant sur celle de droite pour lui cracher une flamme au visage. Sa vitesse fut suffisante pour l'atteindre de justesse et elle poussa un cri de douleur, avant de débuter un enchaînement de coups vengeurs avec sa jumelle. Leur vitesse était tout simplement incroyable : elles exécutaient coup sur coup sans que le Flamiaou n'arrive à les voir venir. Il se retrouva de nouveau projeté en arrière, feulant d'agacement, mais sans parvenir à se relever immédiatement.

Combat !:
 

Sylvain, qui était resté paralysé depuis leur menace, sembla se liquéfier en voyant les deux sœurs se tourner vers lui. Il n'osait attaquer. Est-ce qu'il a peur d'abîmer les Tapisseries, ou est-ce qu'il est juste lâche ? se demanda silencieusement Nathanaël, qui se redressait difficilement, ayant l'impression d'être couvert de bleus. Quoi qu'il en soit, le Feunard se contenta de reculer progressivement, se dirigeant lentement vers le brasier derrière lui, sans oser répliquer aux coups qu'il commençait désormais à subir. Les jumelles exécutaient tourbillon sur tournoiement, usant même des Tapisseries pour le forcer à s'éloigner davantage vers les flammes. Exténué et excédé par ce petit manège, Nathanaël se releva, frappa de sa patte sur le sol, et s'élança vers les deux sœurs.

Il prit ses appuis et bondit dans les airs, réitérant le même mouvement qu'avec le Yanma, mais en sautant plus haut ; il profita de ce mince temps supplémentaire pour donner un coup de langue le long de sa patte avant droite, ce qui provoqua un crépitement et remplit sa bouche d'huile prête à brûler. Les jumelles tournèrent la tête en le voyant s'élancer sur elles, mais il était déjà trop tard : ses crocs se refermèrent sur la première couette qui passa à proximité. Aussitôt, sa gueule s'enflamma et la Candine capturée poussa un cri déchirant associé à la brûlure qui rongeait la feuille de sa tête. Elle virevolta à toute allure pour le faire chuter, sa sœur se joignant au mouvement pour en accentuer la force centrifuge, tant et si bien qu'il finit par lâcher la couette, pour se retrouver projeté dans le brasier dans un cri de surprise.


Combat !:
 

Croyant s'être débarrassées de lui pour de bon, les deux sœurs se tournèrent vers Sylvain, bien décidées à lui régler son compte également. Elles commencèrent à tourbillonner dans les Tapisseries, préparant un redoutable combo d'attaques auquel le frêle Feunard ne résisterait pas. Elles lui assénèrent coup après coup à une vitesse surnaturelle, pirouettant autour de lui pour l'empêcher de s'enfuir, bien qu'il essaya de les éviter tant bien que mal. Il ne répliquait pas, se contentant de se replier sur lui-même alors que les attaques se multipliaient et que les sœurs prenaient de plus en plus d'amusement à le rosser sans montrer la moindre trace de pitié ou de regret face à l'atrocité de leur action.

Sylvain se laissa finalement acculer face aux flammes, piégé entre les deux fillettes qui le frappaient sans obtenir de réplique et le crépitement du brasier. Il savait bien qu'elles le pousseraient dans le foyer, mais il ne voulait pas attaquer, malgré le fait que sa vie soit mise en danger. Avoir vu Nathanaël projeté dans la colonne de fumée l'avait définitivement abattu : rongé par la culpabilité de l'avoir conduit à sa perte, il préférait encore le rejoindre que tenter de s'échapper. En le voyant ainsi vaincu, la demoiselle au visage brûlé ricana : « Alors, on a trop peur de frapper deux filles ?
- Je... Eh bien... bégaya-t-il.
- Gaspille pas ta salive, fit l'autre sœur. Tu sais juste pas te servir de tes pouvoirs ou te battre tout court, pas vrai ? »

Il se crispa soudainement, baissant le regard sans supporter leur rire moqueur. C'était la triste réalité, il ne pouvait que l'admettre. Sa domestique s'occupait de sa sécurité la majorité du temps ; il était incapable de faire usage du moindre enchantement malgré sa nature propice à la magie, et bien trop faible physiquement pour avoir seulement essayé de compenser cela par des coups de crocs ou de griffes. Se tournant vers une paisible vie isolée du reste du monde, Sylvain avait ainsi espéré noyer le Magicarpe... Mais il savait que cela aurait fini par le rattraper. L'enthousiasme du Flamiaou et la précipitation lui avaient fait prendre des risques inconsidérés, et ils allaient tous deux en payer de leur vie, si ce n'était déjà pas le cas pour Nathanaël. La jumelle défigurée grogna : « C'est quand même la loose. Vous avez perdu face à deux filles plus jeunes que vous, alors qu'en plus vous aviez l'avantage du type.
- Je dirais même plus, c'est carrément la loose, ajouta l'autre. Enfin, ça nous facilite le travail !
- Bon voyage au pays des songes, acheva la première. »

Elles s'apprêtèrent à lui mettre le coup de pied final, mais il ne vint jamais. Nathanaël avait bondi des flammes, tel une torche vivante, et les avait renversées sur le sol d'un revers de ses pattes enflammées. Elles hurlèrent de douleur et le supplièrent d'arrêter, sans comprendre comment il avait pu survivre. Le Flamiaou, à la fois couvert d'huile et ignifugé, avait dû se redresser et se frayer un chemin à travers les débris brûlants, avant de pouvoir attendre la parfaite occasion pour leur bondir dessus ; c'est-à-dire dès qu'elles laissèrent leur garde retomber. Il les secoua et leur enleva les Tapisseries, avant de les jeter sur Sylvain et de lui hurler de fuir avec au plus vite, tandis que les flammes sur lui s'épuisaient. Mais le Feunard s'y refusa : « Nous repartirons à deux, Nathanaël ! Il n'est pas question que je...
- C'est bon, je gère mon coup ! » Grogna Nathanaël, exaspéré, avant qu'il ne mette un coup de crocs ardent dans le torse de celle qui s'était déjà faite brûler sur sa couette.

Combat !:
 

Celle-ci poussa un petit cri puis se laissa retomber, à bout de forces. L'autre, terrifiée, s'extirpa difficilement de la pression brûlante et s'éloigna, tandis que le Flamiaou la fixait avec un air menaçant, les flammes de son corps s'éteignant petit à petit : « Votre petite danse synchronisée était drôle cinq minutes, mais c'est fini. Rends-toi et j'éviterai de punir ta sœur à ta place. » Nathanaël n'avait nullement envie de faire du mal gratuitement à l'une des jumelles, mais il savait que logiquement, l'autre se rendrait plutôt que de la laisser en proie au danger. Ça lui éviterait de faire davantage de mal, il avait encore le goût sucré de leurs feuilles dans la gueule... À la surprise générale, la captive incluse, celle qui était libre déclara : « Moi j'irai pas en prison, pas question ! Désolée, Natasha, mais... Non, non, non !
- Gla... Gladys... ? »

Elle n'obtint aucune réponse ; sans que Nathanaël n'aie le temps de l'en empêcher, la sœur Candine s'évapora dans les hautes herbes, laissant sa jumelle s'égosiller pour la supplier de ne pas l'abandonner. De longues minutes s'écoulèrent, durant lesquelles la dénommée Natasha sanglota, incapable de se débattre ou de faire quoi que ce soit d'autre. Aussi cruelles avaient t-elles pu être avec une mauvaise idée en tête, le Flamiaou culpabilisait un peu d'avoir poussée l'une à abandonner l'autre. Néanmoins, si elles avaient décidé de ne pas supporter la sanction ensemble, ce n'était pas de son ressort, se dit-il pour se rassurer. Il attrapa délicatement la capturée dans la gueule, comme une proie qu'il aurait trouvée, et rejoignit Sylvain en trottinant. Natasha pleurait silencieusement, souffrant de son délaissement, et aucun des deux n'osa troubler ses larmes pendant qu'ils regagnaient Bourg-Trésor, les Tapisseries saines et sauves.

Combat !:
 

HRP:
 



Nathanaël est insolent en Metal Écarlate [#9C1414]
Thème de Nathanaël

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Mission 1 [Solo] Fils du Destin
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